Ce soir je suis d’excellente humeur. Malgré le fait de savoir que demain matin m’attendent deux heures de super-philo ne me gêne pas. (Pour l’instant je ne sais pas ce qui est pire : 2h de super-philo ou 2h de Superdeutsch). Malgré qu’il fasse -5°C constamment et qu’il y a des fortes chances qu’il reneige demain. Je m’en fous. Je m’en fous…
Moi, j’ai mon billet pour Paris. Du 29 Janvier au 31 Janvier, Paris je ne serai qu’à toi. Enfin il faudra que je te partage aussi avec Adéla qui vient avec moi, mais on trouvera les moyens…
L’idée nous est venue spontanément. On était dimanche soir avant la rentrée scolaire, le soir fatal de tout lycéen. On était toutes les deux en déprime, totalement asociales, fâchées contre le Monde, contre nous-mêmes, ennuyées et démoralisées et je lui dis : « Grosse (attention, non, ceci n'est pas signe de racaille-attitude, c'est juste son surnom), faut qu’on parte un de ces week-ends, changer d’air praguois. » Comme amie qui « stand by you » 24/7, elle m’a répondu : « Allons à Paris. » Je ne sais pas pourquoi cette idée m’a semblé impossible à réaliser au moment même de la conversation.
Et l’organisation a commencé à partir de ce moment là. Ou plutôt des essais de s’organiser.
Il y a quelques choses à préciser à propos de ce voyage : il s’agit d’une escapade à deux, sans shopping, un voyage pour but d’être inspiré, de bouffer ces « positive vibes » Made in Paris, de visiter la journée des portes ouvertes de l’ENSAD. C’est ce qu’on s’est dit le dimanche soir.
On était mercredi et on s’échauffait au volley. « Putain, faut qu’on fasse un programme pas trop lourd, on n’aura jamais le temps de faire la virée de tous les magasins qu’on veut. » Notre motivation de résister à la tentation a été réduite à un niveau minime.
Aujourd’hui, vers les 18h, je revenais Volontairement au lycée. Je vois dans le noir une boule de fourrure courir vers moi (tu as bien des tendances suicidaires), criant de joie. J’allais lui donner l’ultime document. Le document qui l’autorisait à prendre le vol QS1036 direction Paris (CDG).
Oh, l’euphorie…
On rate la Paris Fashion Week d’un jour, on rate les rares journées d’ouverture d’Osmothèque. Par contre on ne ratera pas les soldes (sauf chez Colette,grr), ni les gens à voir, ni les gens à observer, ni les soldes.
Piers Faccini, ami de Ben Harper.
