mardi 7 décembre 2010

Fruit for thought



Le danger de Skype est tel que vous y passerez au moins 2h42 si vous êtes moi et que ça fait des lustres (mais vraiment des lustres, genre 1 mois) que vous n’avez pas pris de nouvelles de votre compagnon fidèle des années lycéennes, qui était simultanément votre binôme des TPE et votre chauffeur occasionnel  (3 in 1, goddamn pratique). Tant qu’étudiante de musicologie, elle est bien fière de l’être et dans sa lettre annuelle pour Jesuskindlein elle a inclus les partitions du n-ième quartet, du tel opus de Mozart ou de Schuman ou de Brahms (son préféré)… Vous connaissez quelqu’un parmi vos pairs qui fait ça encore ?

Attention, ne pensez pas que la fille est totalement archaïque dans son existence à cause de ses études (et de ses activités extra-scolaires). Elle utilise quand-même Skype, Microsoft Outlook et quelque fois Facebook. Bon Dieu, ce spécimen est vraiment en cours de disparition. La raison pour laquelle on passe autant de temps à causer c’est qu’elle doit me montrer les morceaux qu’elle jouera en tant que 1er violon de son orchestre (Yes, we are all proud of ya) le 5 février à Heidelberg. Vous êtes tous invités à venir assister au concert si vous êtes dans le coin… Ce qui s’avère entièrement improbable. Ou encore elle me parle entre deux bouchés de bouffe qu’aujourd’hui à la Saint Nicolas elle surbouffe du chocolat à volonté mais que quand-même en général elle s’achète de moins en moins de cochonneries. En parlant de Saint Nicolas, c’est le premier Saint Nico de ma courte vie que je ne passe pas à Prague et que je ne vois pas défiler les bandes bourrés de Saint Nicos à barbe argentée, anges à perruques blondes brillantes et diables trainant leurs gros sacs à pomme de terre destinés aux enfants qui n’étaient pas sage pendant l’année.
Il y a des premières à fois à tout, me direz-vous… Première fois que vous remettez en question le  phénomène Coldplay (ce soir), vos études (ce soir également), de la consommation (non-)abusive de tequila (il y a 2 mois). Mais il n’y a pas que des conclusions décevantes après tout. Comme la remise en question du jogging ou la remise en question du bus matinal, où les nouvelles réponses semblent éclairer partiellement votre quotidien quasi monotone… Ou encore, pour en revenir aux choses classiques de la vie, la première remise en question de Bach. En général ce dernier est détesté par les étudiants d’école de musique qui préfèrent jouer des morceaux de 7 pages techniquement moins exigeantes et plus « mélodiques » que les 3 pages d’un concentré de boules noirs ennuyantes, sans usage de pédale ni de nuances. Bam, là je me donnerais une claque parce que je faisais partie de ces personnes. Le but d’une remise en question fut accompli. Et le but de cet article fut tout simplement de vous parler des gens qui m'invitent à faire évoluer le moi « classique » et germanophone (en voie de disparition), dans ce cas Eléonore (Norchen entre les intimes) qui fait tout ça inconsciemment. Sale ingrate.